C’est à l’occasion du Computex 2007 qu’Asus annonça officiellement sa gamme Eee (« Easy to learn, easy to work, easy to play ») et présenta tout particulièrement l’Eee PC 701 sur le célèbre salon Asiatique, regroupant plus de 1.300 exposants sur 60.000 m². Disponible dés l’automne 2007 à Taïwan, ce n’est qu’en janvier 2008 que la machine arriva sur le marché français. Doté d’un écran 7 pouces, d’un clavier, d’un disque SSD de 4 Go, équipé de 512Mo de Ram et d’un processeur Celeron M cadencé à 900 MHz, l’Eee PC (prononcer « iPC ») premier du nom fonctionne sous Xandros (système d’exploitation basé sur Linux). Vendu 300€ TTC et affichant des dimensions impressionnantes (écran rabattu, il occupe la même surface qu’une page A4 pliée en deux) pour 922g sur la balance, le 701 n’en est pas moins un PC à part entière. Précurseur, il allait rapidement engendrer de nombreux bouleversements dans l’écosystème matériel, mais aussi logiciel : le concept de Netbook était né ! Retour sur les faits marquants.
En à peine quelques mois, fort de son succès, Asus s’est hissé dès le premier trimestre 2008 dans le TOP 5 des fabricants d’ordinateurs en France (source Gartner), rejoignant HP, Acer, Dell et Toshiba. Autre signe de vitalité d’un marché qui n’existait pas encore hier, Asus a rapidement décliné son offre. Aujourd’hui, c’est une vingtaine de produits qui composent la gamme Eee. Mais on retiendra surtout qu’Asus a rapidement donné des idées à la concurrence, renforçant la légitimité des PC ultra mobiles low cost. Aujourd’hui, Acer, MSI, Hercule ou encore HP et Dell, pour ne citer que les principaux, tentent de se partager les parts du gâteau. Et le marché est énorme puisqu’à en croire Asus, ce sont 5 millions d’Eee PC, tout modèles confondus, qui devraient être écoulés en 2008, contre 600 000 à 700 000 unités pour MSI (dont l’offre, moins étoffée, n’est apparue que plus tardivement).
Le cas de Windows XP est intéressant car il prouve également que le marché des Netbooks a aussi bouleversé certains segments et engendré diverses répliques. Alors que Microsoft avait officialisé la fin de la commercialisation de Windows XP au 30 juin 2008, une sorte de dérogation permet encore d’en équiper les NetBooks jusqu’en 2010 ! Et inutile d’y voir ici une démarche généreuse de la part de Microsoft. En laissant ouverte la vanne XP, en particulier au marché des NetBooks, Microsoft trouve ici un nouveau terrain pour combattre Linux. Cela permet également à la firme de Redmond de gagner des parts de marché tout en masquant les mauvais chiffres de ventes de Vista...et de laisser le temps à Windows Seven de déferler. De son coté, Intel trouve enfin le socle hardware idéal pour écouler ses stocks de processeurs basse consommation destinés au marché des portables low cost. Celeron M353 et Atom N230 et N270 en tête, Intel affirme un peu plus son hégémonie face aux autres fondeurs, en particulier AMD, dont le processeur Geode LX800 ne semble pas convaincre et dont la plate-forme Puma, conçu en collaboration avec ATI et présenté lors du Computex 2008, tarde à voir le jour concrètement.
Si Microsoft tire son épingle du jeu sur la question du système d’exploitation, et Intel, sur celle du processeur, ils perdent cependant la partie, mais cette fois en équipe, sur le segment des UMPC (« Ultra Mobile PC »). Spécifications définies par Microsoft, Intel et Samsung, l’UMPC se définissait comme le chainon manquant entre l’ordinateur portable et le téléphone. Comparativement au cahier des charges de l’UMPC, le Netbook partage la majorité de ses caractéristiques. Certes, l’écran d’un NetBook est parfois un peu plus large que celui des UMPC limité à 8 pouces (maximum). Le NetBook dispose également d’un clavier ce que l’UMPC n’impose pas (il peut être virtuel et accessible depuis la dalle tactile). Mais le NetBook vise pourtant les mêmes objectifs, l’ultra mobilité, tout en remportant de loin la question du coût. A titre de comparaison, l’Origami Q1 de Samsung, disponible en France depuis le printemps dernier, se négocie entre 1200€ et 1500€ TTC, soit 4 à 5 fois le montant d’un NetBook ! Et si la cible de l’UMPC se veut être celle des professionnels, il ne serait pas étonnant que l’offre en terme d’UMPC, déjà peu étoffée, se face rapidement oublier, dans l’indifférence totale, au profit des NetBooks.
Comment ne pas évoquer, également, la nouvelle manne que représente le marché des NetBooks auprès des opérateurs de téléphonie portable. Probablement contrarié de ne pas avoir été retenu comme porte étendard de l’Iphone en France, dès janvier 2008, SFR décidait de lancer une offre associant l’Eee PC 701 et une clé USB 3G. Et comme aucune exclusivité n’était vraiment possible sur ce type de pack, la concurrence s’est très logiquement empressée de réagir. Ainsi Bouygues Telecom avec le Lenovo Ideapad S10, ou encore Orange avec Medion Akoya, disposent également d’une offre similaire. Fin août 2008, SFR se devait même de réagir pour rester dans la course, en bradant son offre initiale qui passait de 299€ TTC à 99€ TTC, certes sous certaines conditions. A noter que tout ceci n’est qu’un début. L’année 2009 devrait voir ce genre de pack se généraliser d’autant qu’il sera bientôt inutile d’avoir recours à une clé USB afin de doter son NetBook du support 3G. En effet, autre signe de l’adaptation du marché face aux attentes des utilisateurs, la prochaine vague de NetBooks sera massivement dotée d’un support 3G intégré. Il suffira d’y installer sa carte SIM pour pouvoir profiter d’une mobilité totale, du moins depuis les zones couvertes. Sur ce créneau, Acer avec son Aspire One A150 3G, ou encore HP avec son Mini 1000, sont déjà prêt ! Les autres constructeurs suivront évidement.
En attendant, le seul acteur majeur qui a choisi de rester discret jusqu’à présent est Apple. Si Steve Jobs, lors d’une conférence de presse accordée à des analystes financiers, cet automne, a expliqué qu’Apple ne savait pas comment fabriquer un ordinateur à moins de 500 USD qui ne soit pas de la camelote (« a piece of junk »), la firme de Cupertino reste cependant attentive à ce marché émergent. Et il serait étonnant qu’Apple ne vienne pas bouleverser la donne dans le courant de l’année 2009. A l’image d’Asus, cela permettrait à Apple de gagner des parts de marché importantes sur le segment matériel. Idem, du reste, sur le segment logiciel. A l’image de Microsoft avec la seconde vie de Windows XP, Apple pourrait également doper les ventes de Macos X ! Mieux encore, un NetBook estampillé par la marque à la pomme pourrait prendre le relai du Mac Mini, qu’Apple tarde à faire évoluer, et en faire sa nouvelle machine à « switcher ». En attendant, Tiger et Leopard, s’installent sous le manteau sur les NetBooks existant...
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