Les coulisses du voyage dans l’espace d’Echo !

La famille Lamorelle revient sur son périple en Laponie : un voyage hors norme alternant bons et mauvais moments.


Nicolas : « Le voyage a plutôt mal commencé, on a failli louper l’avion à 8 min près ! On avait pourtant 1h d’avance mais la capacité du parking de l’aéroport de Genève n’est pas assez importante, on a donc dû tourner longtemps pour trouver une place. Heureusement l’avion avait 5 min de retard. On a couru dans tout l’aéroport et on a sauté dans l’avion juste à temps ! Le voyage commençait bien… !!

Après une escale d’1h30 à Helsinki nous sommes arrivés à Rovaniemi. Là nouveau couac, on se rend compte que la voiture que l’on a loué est trop petite et que les valises ne rentrent pas dedans… On a donc changé de voiture pour prendre le plus gros 4×4 qu’ils avaient (ce qui n’était pas plus mal car nous aurions eu un problème le lendemain avec les bouteilles d’hélium) !

Une fois arrivé à la maison, on découvre les lieux : une vue magnifique sur une immense rivière gelée, une maison immense avec sauna, et surtout on découvre les « nuits sans nuits » ! C’est un peu perturbant au début, il fait jour dès 2h du matin, il faut donc prendre le rythme. Et chose étonnante, il n’y avait pas de volet dans notre maison, juste un rideau pas vraiment occultant. Par contre il y avait du quadruple vitrage parfait pour l’isolation.

On s’est donc installé et bien qu’il n’y ait qu’une heure de décalage horaire, nous étions crevés ! On a juste assemblé la boite et installé les caméras puis on est allés se coucher.

Le lendemain, jour du décollage ! On est allés chercher tôt le matin les bouteilles d’hélium juste à côté de la maison, puis on est allé dans un magasin de bricolage pour pouvoir faire l’assemblage (outillage, tubes, robinet,…).

« Les autorités ne nous auraient pas fait de cadeau si le ballon était passé au dessus de l’aéroport ! »

Cette journée était la meilleure pour le décollage en raison des vents. On a donc attendu le bon créneau pour éviter de faire trop de kilomètres pour récupérer la boite. Mais il a également fallu que l’on fasse attention à la trajectoire pour éviter que le ballon passe au dessus de l’aéroport ; bien que la TRAFI (Finnish Transport Safety Agency) nous ait donné l’autorisation pour faire décoller le ballon, les autorités ne nous auraient pas fait de cadeau si le ballon était passé au dessus de l’aéroport !

Une fois sur le lieu du lâché, on a été confronté à beaucoup de vent (comme on peut le voir sur la vidéo) et il fallait faire attention à ce que le ballon ne touche pas la neige, légèrement coupante, sinon il aurait éclaté… Heureusement que nous étions deux à gérer, seul cela aurait été beaucoup plus compliqué.

Une fois le ballon lâché, on est retourné à la maison pour reprendre un peu de force et se réchauffer !!

On suivait son parcours en direct via un logiciel, et lorsqu’on a vu qu’il perdait de l’altitude, on est partis à sa recherche. D’ailleurs, on été surpris de voir qu’au début le ballon chutait à 22 mètres/secondes. On a compris qu’après, en regardant la vidéo que des débris du ballon s’étaient enroulés autour du parachute au moment où il a éclaté. Heureusement, avec la vitesse, ces débris ont fini par partir et permis au parachute de s’ouvrir et de passer à 6m/s.

Au final, le ballon a parcouru beaucoup de kilomètres en altitude en raison des différents vents, mais entre le point de décollage et le point d’atterrissage il n’y a que 49km ce qui était parfait pour nous !

On est donc repartis sur ces grandes routes monotones (neige, sapins et peu de reliefs) pour récupérer la nacelle et là aussi ce n’était pas simple. Nous avons d’abord dû faire beaucoup de kilomètres car il y a peu de route mais aussi peu de pont et le ballon avait atterri de l’autre côté d’une rivière.

De plus, la balise Spot n’a pas bien fonctionné car elle était à l’envers (ces balises n’émettent pas lorsqu’elles sont posées à l’envers, ce qui est assez aberrant). Heureusement que nous avions mis une balise radio en plus sinon on ne pouvait pas la retrouver, (ou alors bien plus tard, si quelqu’un était tombé dessus par hasard et aurait vu le mot que nous avions laissé dedans, mais cela aurait pu prendre des années).

« Je ne veux même pas imaginer ce qui aurait pu se passer si une bête sauvage était passée par là »

Et là c’était début de la galère ! On s’est engagé dans des chemins enneigés et perdus au milieu de nul part, on a fini par se garer le long d’une route. Là j’ai laissé Maëlle et les enfants dans la voiture et j’ai continué à pied. J’ai suivi une piste de moto neige pendant environ 1km et ensuite j’ai parcouru les pires 100 mètres de ma vie ! Impossible de me tenir debout, je m’enfonçais dans la neige jusqu’aux fesses (je n’avais bien évidemment pas pensé aux raquettes), j’ai donc été obligé de ramper sur la neige pour avancer, et quand on n’est pas un grand sportif c’est encore plus compliqué ! La vidéo vous montrera mon calvaire !

J’ai mis plus d’une heure à récupérer la nacelle (qui heureusement avait atterri dans la forêt sans s’accrocher dans un arbre). Avant de laisser Maëlle et les enfants, je leur avais dit que je les tiendrai informé par téléphone toutes les 5 minutes, malheureusement, avec le froid, ma batterie a lâché au bout de quelques minutes…

Je me suis donc retrouvé au milieu de nul part et en avançant à plat ventre. Je ne veux même pas imaginer ce qui aurait pu se passer si une bête sauvage était passée par là. Mais avec la fatigue je n’y pensai pas, mon seul objectif était de récupérer la nacelle et vite rentrer retrouver ma petite famille dans la voiture, car, sans nouvelles de moi, je savais que c’était la panique pour eux. »

« La panique commençait à monter […], il fallait que je prenne une décision, […] j’ai donc appelé la police »

Maëlle : « la récupération de la nacelle a été un enfer pour les enfants et moi. J’essayais de joindre Nicolas mais je tombais à chaque fois sur son répondeur. Je suis sortie de la voiture pour l’appeler mais rien, j’ai klaxonné, toujours rien… En une heure, une seule voiture est passée sur la route où nous étions garés, je lui ai fait signe, nous étions en warning, mais elle ne s’est même pas arrêtée. Pourtant dans la région, pratiquement tout le monde a des motos neige, je pensais qu’elle aurait pu nous aider, mais rien, j’étais sidérée !

La panique commençait à monter auprès des enfants, il fallait donc que je prenne une décision avant que la nuit tombe. On a tout essayé : localisation de la montre de Nicolas, vérification de la balise radio via l’ordinateur pour savoir si elle était en mouvement, mais rien. J’ai donc fini par appeler la police, je leur ai donné notre position GPS mais ils nous localisaient à… Paris… ! J’ai fini par retrouver le nom de la ville où l’on se trouvait et ils m’ont dit « ok, ça marche » et ils ont raccroché.

Je m’attendais déjà à ne plus revoir Nicolas. Mais au bout de 30 minutes il a fini par revenir, exténué. C’était le soulagement pour tout le monde après une grosse heure d’angoisse. Au final, la police n’est jamais venue, Nicolas les a tout de même rappelé pour leur dire que tout allait bien. On espère ne jamais revivre cela, c’était un moment épouvantable. »

Nicolas : « de retour à la maison, la première chose que l’on a faite c’est de vérifier que les vidéos étaient bonnes et savoir si les batteries avaient tenu. Parce que c’est bien beau de récupérer la nacelle mais il y a toujours la question des images. Et là énorme soulagement lorsqu’on a visionné les vidéos ! Les images étaient magnifiques, on est restés bouche bée pendant un bon moment. C’est à ce moment là qu’on s’est dit qu’on avait accompli notre mission !

C’était le lâché le plus sportif que l’on ait fait, et c’est aussi la nacelle que l’on ait envoyé le plus haut dans l’espace (30km d’altitude). Si c’était à refaire on le referait, on a adoré le projet, on a aimé tout ce que ça représentait, c’était fun, les enfants ont pu apprécier le projet avec nous grâce à Echo et le contact est très bien passé entre GLOBALIS et nous.

Mais on s’est tout de même promis que c’était le dernier lâché que l’on faisait. Avec la grosse frayeur que l’on a eu en allant récupérer la nacelle, on préfère rester sur une bonne note, les enfants en gardent un super souvenir et ils parlent d’Echo à l’école. Et le plus dingue c’est qu’on a besoin de montrer les images aux gens pour qu’ils y croient ! »

Publié le par Guillemette de Brébisson

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Paramètres de cookies

Notre site utilise différents cookies pour son fonctionnement. Certains de ces cookies sont déposés par des services tiers à des fins d'analyse statistique pour nous permettre de vous fournir une meilleure expérience.

Si vous souhaitez configurer les cookies que vous souhaitez autoriser, vous pouvez cliquer sur "Paramétrer les cookies", ou bien accepter tous les cookies en cliquant sur "Accepter tous les cookies".

Ces paramètres pourront être retrouvés à tout moment, ainsi que plus d'information sur les cookies utilisés par le site, sur la page de Mentions légales.

Vos préférences

Différents types de cookies sont utilisés par le site. Seul les cookies de fonctionnement sont obligatoire, et ce afin de fournir une expérience de navigation adaptée. Tous les cookies que nous déposons respectent les réglementations de durée et de vie privée.

Ces cookies sont nécessaires au fonctionnement du site, et ne peuvent donc pas être désactivés. Ils permettent de sécuriser le site internet ainsi que vos préférences d'affichage.

Ces cookies nous servent à mesurer, étudier et analyser les comportements des visiteurs, afin d'améliorer l'expérience de visite pour nos utilisateurs. Accepter ces cookies nous aide à vous fournir de meilleurs services.

Ces paramètres pourront être retrouvés à tout moment, ainsi que plus d'information sur les cookies utilisés par le site, sur la page de Mentions légales.