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Le 2 novembre 2015 par Armel Fauveau

« Éco-conception web : les 115 bonnes pratiques »

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Éco-conception web : les 115 bonnes pratiquesFin septembre a eu lieu le lancement du livre « Éco­-conception web : les 115 bonnes pratiques » édité chez Eyrolles. J’ai eu la chance de participer à l’enrichissement de cette seconde édition avec un collectif de professionnels comme Atalan ou encore Temesis. À cette occasion, Frédéric Bordage, que j’ai le privilège de connaitre depuis plus de 15 ans et qui a piloté ce projet éditorial, en a profité pour rappeler quelques points essentiels que je vais tenter de vous retranscrire ici.
La planète fait face aujourd’hui à 3 crises environnementales : le dérèglement climatique, la régression écologique (biodiversité) et l’épuisement des ressources non renouvelables. Et le numérique, comme bien d’autres activités humaines, joue un rôle ici. Le numérique participe au dérèglement climatique, en particulier par le biais d’émission de GES (Gaz à Effet de Serre). Du reste, saviez­-vous que la part du numérique est ici égale à celle de l’aviation civile ?! Mais le numérique impacte également directement la biodiversité par la pollution des sols, de l’air et de l’eau. Les DEEE (Déchets d’Equipements Electriques et Electroniques) pèsent entre 50 et 75 milliards de kg pour la seule année 2015 ! Quant à l’épuisement des ressources non renouvelables, il est bon de garder en tête que la fabrication d’une puce de 2 grammes nécessite environ 2 kg de matières premières et 30 kg d’eau...
Si l’on stigmatise souvent les gros data centers des géants du Web (Google, Apple, Facebook, Microsoft, etc.), le raccourci est bien trop rapide. C’est surtout l’obsolescence qui est à pointer du doigt. La durée de vie d’un PC, il y a 30 ans, tournait autour de plus de 10 ans. Nous en sommes souvent loin aujourd’hui, sans compter que le nombre de PC a, dans le même temps, totalement explosé. Et que dire des smartphones. Le dernier iPhone 6s s’est écoulé à plus de 13 millions d’exemplaires en seulement 72 heures... et les ventes de ce nouveau modèle ne concernent évidement pas uniquement des primo accédants...

Mais quel est le premier facteur de l’obsolescence ? La réponse est simple : le logiciel ! Globalement, en 15 ans, la quantité de mémoire vive nécessaire au fonctionnement de Windows et de la suite Office a été multiplié par 114 ! Dans le même temps, en 20 ans, le poids d’une page Web est passé de 13 ko à 1 500 ko. Le facteur multiplicatif est équivalent. Le Web mondial consomme l’énergie de 2 pays comme la France. L’équivalent de 40 centrales nucléaires et de 8.7 milliards de m3 d’eau, etc. L’empreinte moyenne annuelle d’un internaute est encore plus édifiante. Elle tourne autour de 350 kWh d’électricité, représente l’émission de 200 kg de GES et la consommation de 3 000 litres d’eau... Des chiffres vertigineux !

On en arrive alors à évoquer le coût du « gras numérique » qui s’articule autour de 3 volets : la conception / développement, le fonctionnement et la dette technique. Force est de constater que la complexification inutile est omniprésente. On ne sait plus faire simple. La dérive touche alors le surdimensionnement de l’infra (puissance des serveurs, etc.). Et en fin de cycle, la dette technique finit d’alourdir la facture : 70% du budget applicatif serait consacré à la maintenance applicative !

L’éco­conception logicielle vise donc à trouver le meilleur équilibre possible entre le niveau de performance à atteindre et la quantité de ressources nécessaires pour atteindre cette performance. Elle couvre l’ensemble du cycle de vie d’un projet, de la conception fonctionnelle à la maintenance, en passant évidement par le développement. L’idée est clairement de réduire la puissance informatique, que ce soit en consommation mémoire, CPU et bande passante. Une comparaison des pages d’accueil de yahoo.fr VS google.fr est, à ce titre, assez éclairante. Une démarche éco­conception a permis à LinkedIn de réduire son nombre de serveurs par 112 !

Le livre « Éco­conception web : les 115 bonnes pratiques » tente donc de constituer une référentiel de bonnes pratiques et d’apporter des solutions à ce constat d’urgence. Il tombe également l’année de la COP 21 et prend donc tout son sens. Ajoutons que ce référentiel n’est pas figé, bien au contraire. Un site dédié, ecoconceptionweb.com, permet à tout le monde de l’enrichir. Une version anglaise du livre est en discussion. Et l’idéal serait, à terme, de pouvoir tendre vers une sorte de certification « éco­conception », même si certains obstacles restent à solutionner ici (outils de mesure, audit et certification délivrés par une instance indépendante, etc.).

Depuis toujours, GLOBALIS s’est montrée vigilante aux regards des problématiques de performances et d’économie logicielle, tant « back » que « front ». Et je suis le premier à pointer du doigt les dérives de certains socles et à défendre les principes de développement auxquels je crois, comme le KISS (« Keep It Simple, Stupid »). Notre micro framework n’a plus à faire ses preuves ici, depuis déjà bien longtemps. Nous sommes restés dans l’esprit initial de PHP qui se démarquait de Java par ses faibles pré­ requis. Cela concerne aussi la gestion de notre infra.

L’utilisation de disques SSD ou encore d’un hyperviseur « bare metal » également. Notre capacité à répondre aux besoins fonctionnels de nos clients, avec justesse, concision et bon sens, aussi. Tout ceci nous conforte dans nos choix et fait de GLOBALIS une structure déjà respectueuse des grands principes de l’éco­conception web. Nous en sommes particulièrement fiers.

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